Archive pour la catégorie ‘Média’

Ah, le « storytelling »… à la mode certes, mais pas seulement : pour moi tous les outils du web qui permettent à chacun de « raconter des histoires » sont bons à prendre. A chacun ensuite de veiller à ce qu’il met en ligne, et aux lecteurs de repérer les productions et les auteurs de qualité et de fuir les autres… Sans compter qu’on peut très bien les détourner à des fins pédagogiques : faire s’exprimer nos élèves et étudiants, y compris sur le web, devrait être une activité obligatoire, de l’école à l’université.

Ce dimanche, je viens de me pencher un peu en détail sur un nouvel outil de « storytelling » en images : Reporter de Fotopedia. Je connaissais Fotopedia depuis longtemps, j’y ai posté quelques unes de mes photos, mais l’aspect « encyclopédie » était un peu rébarbatif, même couplé à un système de notation par les internautes…

fotopedia-reporter

Il y a peu, Fotopedia a sorti « Reporter », avec le slogan « nous sommes tous reporters ». Un outil simple à prendre en mains et efficace : on choisit une photo de couverture, on choisit ensuite les photos (une par page), on ajoute un titre et un texte de description. On peut charger des photos à partir de son PC ou de sa tablette (application pour iPad seulement), et aussi, c’est top pour moi, directement à partir de son compte Flickr (dans ce cas, récupération automatique des licences mises sur vos photos). Je n’ai pas testé, mais on peut inviter d’autres auteurs à collaborer sur son « brouillon » avant publication…

Lorsqu’on est prêt, on publie son oeuvre, en la classant dans des catégories prédéfinies (3 maxi).

Deux points d’attention :

  • les photos doivent avoir une largeur mini de 1024 pixels : elles ne sont pas acceptées par le système si en deçà et un message s’affiche sur la photo dans le navigateur intégré
  • une fois publié, vous ne pouvez plus modifier votre oeuvre, donc laissez-la à l’état de brouillon tant que vous n’avez pas terminé et vérifié ; là encore, un message vous le rappelle au début de l’opération de publication

J’ai élaboré ma première histoire ce matin, sur tablette : c’est rapide, la sauvegarde se fait automatiquement en arrière-plan, pas de souci particulier… à un moment, j’ai suspecté un plantage… et comme d’habitude sur tablette, quitter / reprendre l’application a permis de retrouver mon travail précédent sans souci.

Il y a dans Reporter des éléments de web social habituels maintenant dans ce type d’outils de partage : on peut composer des « magazines », qui regroupent des histoires (les siennes et celles des autres), on peut s’abonner aux magazines des autres auteurs, les suivre (on est alors mis au courant de leur activité dans un « fil d’actualité »), signaler qu’on « aime » une histoire ou un magazine et le noter avec cinq étoiles, savoir combien de fois une histoire a été vue…

Reporter est aussi un superbe magazine photo à feuilleter, pas besoin forcément d’être auteur. Comme toujours, les productions sont très variées et inégales (quelques photos du chien-chien à sa mémère…) , mais il y a aussi des pépites à découvrir, à partir de photos d’une grande qualité, photos de voyage, paysages à couper le souffle, photo animalière…

Voir ma première histoire (la Bretagne, encore et toujours…)

reporter-beg-leger

Suivre mes magazines (4 à l’heure actuelle) :

Reporter me semble donc bien fait, en lecture (superbe collection de photos) comme en écriture.

 

En écriture on soignera le choix des photos et du texte d’accompagnement de l’ensemble de l’histoire et de chaque photo : on peut décrire, commenter, ajouter de la poésie aux photos, tout est permis, pourvu que le texte soit court.

En lecture, comme d’habitude, avec des plus jeunes, veiller au grain : pas de pornographie ou autres choses à ne pas montrer aux enfants, mais parfois des sujets d’actualité un peu « brûlante » (en ce moment, par exemple, des « histoires » sur les événements en Turquie, montrant en autre les blessés de la place Taqsim…).

Découvert et testé un « petit » logiciel proposé par le CRDP de Versailles : « Images actives ». J’ai mis petit entre guillemets, parce qu’il fait peu de choses, mais le fait bien et de façon simple.

Imaginez : à partir d’une image, vous délimitez des zones de détail. L’élève pourra cliquer sur le détail, zoomer et lire un commentaire que vous avez associé à ce détail.

Le résultat est lu dans le navigateur internet, en local ou bien entendu en ligne.

On peut ajouter des liens… et sans doute d’autres choses encore… : je n’ai pas encore tout exploré… On peut aussi créer des « quiz », ou plutôt des questions, avec affichage de la réponse au clic. Sachez en tout cas que certes j’ai une certaine habitude de la prise en main de nouveaux outils informatiques (!), mais que là j’ai battu un record pour la prise en main de l’outil dans ses fonctions de base : moins d’une heure pour produire un premier échantillon « montrable » : voir ici.

Et cette fois ci, je n’aurai pas besoin de vous faire un tutoriel vidéo, au CRDP de Versailles, ils ont tout prévu : l’aide intégrée au logiciel est claire et ils ont fait un tuto vidéo… Le tout est accessible à partir de cette page : http://images-actives.crdp-versailles.fr/

Voir aussi cet article

AVERTISSEMENT (ce lundi 21 novembre) : cet article écrit le 19 novembre était un « coup de gueule » suite à la parution le 18 d’une de mes photos sur le site du quotidien Le Monde, sans mon autorisation, et en violation de la licence Creative Commons. Ce jour j’ai reçu du webmediateur du site une réponse qui me satisfait, par l’intermédiaire d’un commentaire à cet article, que tous pourront lire ci-dessous. Ce commentaire me rassure sur la politique éditoriale du site du quotidien sérieux qu’est Le Monde : il s’agissait non pas d’une pratique courante, mais de l’erreur d’un journaliste. Dont acte. Je ne modifie pas mon article, qui expose le fait dans sa situation antérieure, mais prie mes lecteurs de consulter dans les commentaires la réponse du webmediateur. Pour des questions de référencement et de liens je ne modifie pas le titre de l’article, mais il est évident qu’il est maintenant inadéquat.


Source : copie partielle de la page http://www.lemonde.fr/planete/article/2011/11/18/la-surete-doit-etre-amelioree-sur-les-reacteurs-nucleaires-francais_1605913_3244.html#ens_id=1504462&xtor=RSS-3208

Une fois n’est pas coutume, ce matin je pousse une « coup de gueule ». je ne pense pas qu’il résonnera bien loin, mon blog n’est pas dans le top au point de vue fréquentation, mais au moins cela me soulagera.
Le site bien connu lemonde.fr m’a piqué une photo, au mépris des règles élémentaires du droit de propriété intellectuelle, dont ils font pourtant état dans leur charte consultable en ligne !!!

Depuis plusieurs années, je mets en ligne des photos sur Flickr : http://www.flickr.com/bpmm … Je sais que dans mon entourage et dans un cercle plus vaste, des gens ont plaisir à consulter mes photos, que chaque jour une centaine de photos minimum est consultée : cela me réjouis et flatte un peu mon ego, c’est souvent le but recherché quand on utilise ce genre de site, cela ne fait de mal à personne.

Comme je suis assez partageur, je place ces photos sous licence Creative Commons ; cette licence permet une rediffusion de mes photos, mais à certaines conditions : Paternité = citer la source / pas d’utilisation commerciale / pas de modification. Je veux bien qu’on réutilise mes photos, mais le minimum est qu’on m’attribue le mérite de mes créations, et surtout qu’on ne fasse pas du fric avec ce que je mets à disposition gratuitement.

Flickr met à disposition de ses adhérents payants des statistiques, qui permettent de savoir à partir de quelle URL les photos sont consultées : je sais ainsi que mes photos sont réutilisées sur des blogs de particulier et m’en réjouis… En général les systèmes de gestion de blogs permettent aux auteurs d’aller chercher directement une photo sur Flickr et de l’inclure dans un article, et dans ce cas un lien est automatiquement ajouté, qui pointe vers la photo dans ma galerie Flickr ; la licence est donc parfaitement respectée.

Il m’arrive de temps en temps d’être contacté par une association, une institution, une PME , une TPE ou un artisan, qui me demandent l’autorisation d’utiliser une de mes photos sur leur site ou sur une publication papier. C’est parfois à la limite du commercial, mais en général, s’agissant de très petites structures sans gros moyens, j’accepte : ce n’est pas pour faire de l’argent que je partage mes photos, et au moins ils ont eu la décence de me demander l’autorisation, c’est à encourager !

Mais ce matin, grâce au signalement d’un autre utilisateur de Flickr [merci à lui ! J'aurais bien mis un lien vers sa galerie en guise de renvoi d'ascenseur, mais elle n'est pas publique], j’ai eu la surprise de constater qu’une de mes photos de la centrale de Gravelines [ http://www.flickr.com/photos/bpmm/2766002326/ ] avait été utilisée dans un article du monde.fr du 18.11 dernier [ http://www.lemonde.fr/planete/article/2011/11/18/la-surete-doit-etre-amelioree-sur-les-reacteurs-nucleaires-francais_1605913_3244.html#ens_id=1504462&xtor=RSS-3208 ] La seule mention de crédit est Flickr, sans citation de mon nom, ni lien renvoyant vers ma photo ou ma galerie !!!

Messieurs les rédacteurs du monde.fr, vous vous êtes assis sur la déontologie la plus élémentaire : ma photo apparait certes publiquement sur un site web, mais elle est sous une licence qui vous oblige au minimum à citer mon nom : 1ère entorse au droit. Ensuite, l’article est visible sur votre site gratuitement, mais autant que je sache, Le Monde est une entreprise, pas une association à but non lucratif ou une institution publique : activité commerciale, donc, 2ème entorse.

En essayant de réagir pour faire valoir mes droits, j’ai été de surprise en surprise :

  • je pensais commenter l’article pour signaler l’abus… et bien non, pour commenter un article, il faut être abonné (preuve de l’activité commerciale liée au site)
  • je pensais contacter la rédaction par mail : direction la page « Mentions légales » : il y a bien un lien pour contacter la rédaction, mais là aussi, il faut être abonné ! Idem sur la page aide et contact
  • je vais donc leur envoyer une bonne vieille lettre recommandée avec AR !

Pas le temps ni les moyens de passer par une action en justice et je n’ai pas envie de jouer le pot de terre (contre le pot de fer, expression bien connue) : pas pour réparation d’un préjudice, mais pour que les « puissants » sachent aussi qu’il faut respecter le droit des « petits ».

Je suis formateur dans le domaine des TUIC et une partie de mes interventions est consacrée au respect de la législation dans leur usage : je « tanne » mes étudiants et stagiaires pour leur rappeler qu’ils n’ont pas le droit de prendre un texte ou une photo sur Internet, où alors dans des conditions très précises… alors, si les grands médias ne montrent pas l’exemple, où va-t-on ? Si ma lettre recommandée n’est pas suivi d’effet, j’utiliserai cet article du monde.fr comme exemple de ce qu’il ne faut pas faire ;-) Piètre consolation, mais cela aussi me soulagera !

(Futurs) enseignants, (futurs) éducateurs, je vous recommande la lecture d’une étude sur l’usage d’Internet par les jeunes, réalisée par « Fréquence écoles » (association lyonnaise et site d’éducation aux médias), et qui me semble très intéressante. Je l’ai découverte grâce au site Thot Cursus.

Très synthétiquement, les principales conclusions :
pour plus de détails : voir l’article Thot Cursustélécharger la synthèse de l’étudele site Fréquences écoles


  • Les jeunes surfent massivement, mais sont moins accros à l’Internet et plus raisonnables dans leurs pratiques que ce que pensent les adultes.
  • Les jeunes utilisent avant tout Internet pour communiquer avec leurs amis.
  • Les jeunes ne naviguent pas au hasard.
  • Les jeunes sont conscients des dangers et limites d’Internet.
  • Les jeunes ne cherchent pas l’exposition systématique de leur vie privée.
  • Les jeunes ne sont pas systématiquement des pirates.
  • Les jeunes sont demandeurs d’informations sur les dangers d’Internet et surtout sur la manière de mieux l’utiliser.

On retiendra de cette enquête qu’il faut sans doute minorer les messages relatifs aux « dangers » d’Internet qui, à force d’être répétés, peuvent accroître l’incompréhension entre jeunes et adultes, dans la mesure où les messages transmis par les seconds ne correspondent pas à l’expérience majoritairement vécue par les premiers. En revanche, les jeunes sont demandeurs de formation et d’information car ils sont conscients des limites de leurs usages actuels. Fort logiquement, en ce domaine comme dans les autres, leurs pratiques s’améliorent à mesure qu’ils gagnent en maturité. L’éducation aux médias a de beaux jours devant elle, à condition d’être plus centrée sur l’accroissement de l’autonomie (savoir tirer parti du meilleur, être prêt à affronter le pire) que sur la dénonciation des dangers .

(extr. de l’article sur l’étude, site Thot Cursus)

Lu (et entendu !) aujourd’hui sur le site de Rue 89 – un site d’info « décalé » que j’apprécie – un article avec illustrations sonores sur les voix des médias, de la pub… Très intéressant.

Au fait, et la voix des profs et des formateurs ??? Nous avons chacun notre empreinte vocale, notre débit de parols, nos intonations, nos tics de langage ; il suffit parfois de surprendre certains de nos élèves ou étudiants en train de nous imiter. Et ne pas oublier que sa propre voix telle qu’on l’entend est différente de la voix réelle, entendue par autrui : ce non pas pour des raisons psychologiques, mais pour des raisons physiques et acoustiques. Je suppose que tous et toutes, vous avez fait le test du magnétophone… Non ? je vous le conseille! Personnellement, je me surprends toujours quand j’enregistre ma voix et d’ailleurs je n’aime pas trop cela (une raison pour laquelle je n’utilise pas les commentaires sonores dans les tutoriels que je vous propose, en plus du fait que cela alourdit encore le fichier produit et le temps de téléchargement).

Cela me rappelle une anecdote, du temps où j’étais prof de lycée : en fin d’année, les élèves de cette classe de première avaient cherché et trouvé une (gentille) caricature pour illustrer chacun de leurs professeurs. La mienne représentait un petit singe qui agitait une bonne dizaine de bras et de mains en disant : « je ne m’énerve pas, j’explique ! » Bien vu, bien entendu les jeunes ! Et moi qui m’imaginais calme et posé devant mes élèves ;-)

Lire l’article de Rue 89

Dans un commentaire, un lecteur signalait cette vidéo de décembre 2009 sur le site de Télérama…


Le ton journalistique : petite leçon de formatage
envoyé par telerama. – L’info video en direct.